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Restaurer une archive photo sans rien écraser : le mode d'emploi

Préparer, choisir la bonne copie, restaurer à côté de l'existant, vérifier puis consigner : la méthode pour restaurer une archive photo sans rien perdre.

Préservation

Le jour où il faut restaurer pour de vrai

Un disque ne monte plus. Un dossier de tirages s’ouvre avec des bandes grises. Un fichier a changé sans que personne y ait touché. Il faut restaurer une archive photo, et c’est souvent à ce moment que l’on aggrave la situation : on copie dans la précipitation une sauvegarde par-dessus les fichiers restants, et l’on remplace des originaux encore sains par une copie plus ancienne, ou abîmée.

L’article Une sauvegarde jamais restaurée est-elle vraiment une sauvegarde ? explique pourquoi tester une restauration à l’avance. Celui-ci est le mode d’emploi de la vraie : celle que l’on fait parce qu’on a perdu quelque chose.

La règle qui gouverne tout le reste : une restauration ajoute, elle ne remplace pas. On restaure à côté, on vérifie, et seulement ensuite on décide de ce qui prend la place de quoi.

Préparer la restauration

Avant de copier quoi que ce soit, prenez dix minutes.

  • Arrêtez d’écrire sur le support en cause. Un disque qui faiblit se dégrade à chaque écriture. Ne lancez ni réparation ni défragmentation, et ne « nettoyez » pas le dossier abîmé.
  • Délimitez ce qui manque. Toute l’archive, une série, quelques fichiers ? Notez les noms ou les dossiers concernés. Une restauration ciblée est plus rapide et plus facile à vérifier.
  • Rassemblez les clés. Si vos archives sont chiffrées, la clé de chiffrement et sa phrase de passe sont indispensables. Sans elles, aucune restauration n’est possible.
  • Préparez un emplacement vide. Un dossier neuf, sur un disque sain, avec assez de place pour le volume à restaurer. Pas dans le dossier abîmé, pas dans un dossier synchronisé, pas à côté des sauvegardes elles-mêmes.

Choisir la copie

Si vous avez plusieurs copies, elles ne se valent pas. Le bon choix n’est pas la plus proche, ni forcément la plus récente : c’est la plus récente qui soit prouvée saine.

CopieAvantagePoint de vigilance
Archive localeRapide, sous la mainPeut partager la panne du disque d’origine
Disque d’archive rangé à partIndépendant du poste de travailÂge du support, dernière vérification
Copie hors siteSurvit à un sinistre localTemps de téléchargement, clés d’accès
Dossier synchroniséToujours à jourReproduit aussi les erreurs et les suppressions

Pour chaque copie candidate, posez trois questions :

  1. Quand a-t-elle été vérifiée pour la dernière fois, et avec quel résultat ? Une copie jamais vérifiée est une hypothèse.
  2. Contient-elle ce qui manque ? Une copie antérieure à la série perdue ne sert à rien, une copie postérieure à une corruption non plus.
  3. Ses empreintes correspondent-elles au manifeste ? Vérifier la copie avant d’en extraire quoi que ce soit évite de restaurer une erreur.

Si deux copies divergent, ne choisissez pas au hasard : comparez leurs empreintes avec celles d’origine. La méthode est détaillée dans Comment vérifier l’intégrité d’une archive photo.

Restaurer à côté, jamais par-dessus

Restaurez dans le dossier vide préparé plus haut, sous un nom qui dit ce qu’il est (« Série Port-2026, restauration du 27 octobre »). Ne choisissez jamais l’option « remplacer » d’un utilitaire de copie : elle efface sans distinguer le fichier sain du fichier abîmé.

Si une restauration précédente s’est arrêtée en route, complétez-la sans écraser : ajoutez seulement les fichiers manquants, et relevez ceux qui diffèrent de la copie au lieu de les remplacer. Un fichier qui diffère est une information, pas une erreur à corriger automatiquement.

Méfiez-vous des dossiers surveillés : restaurer dans un dossier qu’un logiciel de catalogue ou de synchronisation observe peut déclencher un import, une synchronisation ou un doublon dont vous n’avez pas besoin.

Vérifier le résultat

Une restauration n’est terminée que lorsqu’elle est vérifiée.

  • Comptez. Le nombre de fichiers restaurés correspond-il à celui du manifeste ?
  • Comparez les empreintes. Chaque fichier restauré doit avoir l’empreinte que le manifeste annonce. C’est la seule preuve que les octets sont les bons.
  • Ouvrez un échantillon. Quelques RAW, un TIFF, un fichier avec son XMP : la preuve technique ne remplace pas un regard.
  • Vérifiez les compagnons. Fichiers XMP, dérivés, documents liés : ils doivent avoir suivi leurs originaux.

Une fois seulement ces contrôles passés, remettez les fichiers à leur place définitive, et gardez le dossier abîmé à part jusqu’à ce que tout soit confirmé.

Consigner

Écrivez une note, même courte : date, fichiers concernés, cause supposée, copie utilisée, nombre de fichiers restaurés, écarts constatés. Ce journal sert à trois choses : savoir d’où vient chaque fichier, repérer un support qui flanche à répétition, et prouver plus tard que l’archive a été tenue.

Les pièges courants

  • Restaurer avant de diagnostiquer. Un fichier dont l’empreinte a changé n’est pas toujours corrompu : si vous y avez écrit des métadonnées ou l’avez retouché, la différence est normale. Le restaurer effacerait ce travail.
  • Restaurer une copie déjà contaminée. Une sauvegarde automatique a pu recopier le fichier abîmé la nuit suivant la panne. D’où la vérification de la copie avant usage.
  • Oublier la chaîne. Une sauvegarde incrémentale ne contient que ce qui a changé depuis la précédente. Restaurée seule, elle donne un dossier incomplet, sans le dire.
  • Effacer la source de secours trop tôt. Gardez la copie qui a servi, et le dossier abîmé, jusqu’à ce que la restauration ait été vérifiée et la copie remplacée par une nouvelle.

Comment Obscura Vault restaure

Obscura Vault applique chacune de ces règles.

Vérification avant extraction. Vault vérifie l’archive avant d’extraire quoi que ce soit : signature, et empreinte du contenu annoncée par le manifeste. Une archive qui ne passe pas la vérification est refusée (« Restauration refusée : l’archive n’a pas passé la vérification »). Le contenu d’une archive chiffrée est déchiffré avec la première clé connue qui l’ouvre ; le chapitre Clés et sécurité explique comment réimporter ses clés sur un nouveau Mac.

Rien n’est écrasé. Les fichiers sont restaurés dans un nouveau sous-dossier du nom de l’archive. Si ce dossier existe déjà, Vault propose de restaurer dans un nouveau dossier (le choix par défaut) ou de compléter le dossier existant : seuls les fichiers manquants sont ajoutés, aucun fichier présent n’est écrasé, et ceux qui diffèrent de l’archive sont signalés. Le dossier des archives de la bibliothèque est refusé comme destination, et Vault prévient avant d’écrire si le dossier choisi est celui d’un projet : les fichiers restaurés y seraient importés comme de nouveaux originaux.

Contrôle contre le manifeste. Après extraction, Vault relit chaque fichier restauré et compare son empreinte à celle du manifeste. Le bandeau final dit combien de fichiers ont été restaurés, combien étaient déjà présents, et si tous correspondent (Archive restaurée) ou non (avec la liste des fichiers en cause).

Révisions incrémentales. Une révision incrémentale n’est jamais restaurée seule : Vault reconstitue le projet à partir de toute sa chaîne, vérifie chaque révision avant d’écrire quoi que ce soit, et refuse la restauration si une révision manque. Rien n’est alors restauré, pas même en partie.

Copies hors site. Depuis l’écran Hors site, Vault télécharge le paquet dans un dossier temporaire, puis le restaure exactement comme une archive locale : vérification avant extraction, nouveau sous-dossier, aucun fichier existant écrasé, chaque fichier comparé au manifeste.

Le point de départ est souvent l’écran Intégrité : un fichier marqué « Empreinte différente » qui n’a pas été modifié volontairement est corrompu, et se restaure depuis une archive vérifiée ou une copie hors site. Enfin, la consignation est automatique : le journal note « Archive restaurée » et « Restauration depuis le hors site », et ce journal ne s’écrit qu’en ajoutant. Une archive non chiffrée reste par ailleurs exploitable sans Vault, avec les outils standard du Mac.

Pour aller plus loin

Le chapitre Créer, vérifier et restaurer une archive du guide d’Obscura Vault décrit chaque écran de la restauration. Pour voir comment Vault s’articule avec les autres logiciels de la suite, consultez la page des logiciels ou la documentation unifiée.