Documentation

Dossiers, projets et collections : quatre notions à ne plus confondre

La structure physique des fichiers ne doit pas nécessairement reproduire la structure intellectuelle d'une œuvre.

Organisation

Le dossier n’est pas la pensée

L’habitude du système de fichiers nous a appris à tout ranger dans des dossiers. Mais un dossier est une contrainte physique : un fichier n’y vit qu’à un seul endroit à la fois. Or une photographie appartient souvent à plusieurs ensembles intellectuels en même temps, un reportage, une sélection d’exposition, un thème. Vouloir tout exprimer par des dossiers finit toujours par une duplication ingérable. La solution n’est pas de mieux ranger les dossiers, mais de distinguer quatre notions que l’on confond.

Dossier : l’emplacement physique

Le dossier répond à une seule question : où le fichier est-il stocké ? C’est une adresse sur un disque. Utile pour l’organisation technique (par support, par date d’import), il ne devrait pas porter, à lui seul, le sens de l’œuvre. Un même reportage peut d’ailleurs être réparti sur plusieurs disques sans que cela change ce qu’il est.

Projet : l’unité de travail

Le projet est une unité intellectuelle et éditoriale : une commande, un reportage, une année de travail personnel. Il a un cycle de vie (en cours, actif, archivé) et regroupe des images qui partagent un contexte de production, même si, physiquement, elles vivent sur plusieurs volumes.

Collection : le regroupement transversal

La collection rassemble des images par intention, indépendamment de leur projet ou de leur dossier d’origine. Une sélection d’exposition, un portfolio, un corpus thématique. Une collection peut être manuelle (vous choisissez les images), intelligente (une règle les rassemble automatiquement : toutes les 5★ étiquetées « mer ») ou imbriquée. Point crucial : une image entre dans une collection sans être déplacée ni dupliquée.

Série : la cohérence d’auteur

La série est une notion d’auteur : un ensemble qui fait sens comme tout, parfois issu de plusieurs séances, parfois d’un seul déclenchement. Elle peut recouper un projet, ou le traverser.

Cinq cas concrets

  • Un reportage réparti sur trois disques : un seul projet, plusieurs emplacements physiques.
  • Une série issue de plusieurs séances : une série, plusieurs projets de production.
  • Une sélection d’exposition puisée dans dix projets : une collection manuelle transversale.
  • Un thème (« nuit », « portraits ») : une collection, éventuellement intelligente.
  • Une image dans trois sélections : présente dans trois collections, stockée une seule fois.

En pratique

  • Servez-vous des dossiers pour le rangement physique, pas pour exprimer le sens.
  • Réservez le projet à l’unité de production.
  • Utilisez les collections pour tout regroupement transversal, sans dupliquer.
  • Laissez la série dire la cohérence d’auteur, quitte à traverser plusieurs projets.

Obscura Flow distingue explicitement ces niveaux : projets à cycle de vie, collections manuelles, intelligentes et imbriquées, le tout sans déplacer les originaux. Une même photographie peut ainsi appartenir à plusieurs ensembles sans jamais être copiée, la structure suit votre pensée, pas l’inverse.