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Deux métiers différents
Lightroom est une marque d’Adobe. Lightroom Classic est un logiciel de développement et de gestion de photos : on y importe ses images, on les trie, on les note, on les développe, on les exporte. Il range ce travail dans un catalogue, un fichier .lrcat, qui référence les photos sur vos disques et garde pour chacune ses notes, marques, étiquettes de couleur, mots-clés, collections, copies virtuelles, piles et réglages de développement. Pour le détail, voir Qu’est-ce qu’un catalogue Lightroom, et que contient-il vraiment ?
Un catalogue de développement sert le travail en cours : choisir, retoucher, livrer. Une archive répond à d’autres questions, qui se posent sur des décennies :
- Ce fichier est-il encore intact, bit pour bit ?
- Où sont ses copies, et sont-elles bonnes ?
- Quelle œuvre représente-t-il, en combien de tirages, entre quelles mains est-elle passée ?
- Ces informations se liront-elles sans le logiciel qui les a produites ?
Ces questions ne relèvent pas du développement. Ce n’est pas la mission d’un outil de développement d’y répondre. Chercher une « alternative à Lightroom » pour l’archivage, c’est donc moins remplacer un logiciel que mettre en place, à côté, ce que l’archive demande.
Ce qu’une archive exige
- Identifier chaque fichier par son contenu. Une empreinte, par exemple SHA-256, dit si deux fichiers sont identiques et si un fichier a changé depuis son entrée dans l’archive, quel que soit son nom.
- Contrôler la fixité. Un fichier peut s’altérer sans que rien ne le signale. La seule façon de le savoir est de le relire en entier et de comparer son empreinte à celle prise à l’entrée. Voir Qu’est-ce que la fixité en préservation numérique ?
- Garder plusieurs copies, dont une hors site. C’est la règle 3-2-1 : trois copies, sur deux supports différents, dont une ailleurs.
- Décrire des œuvres, pas seulement des fichiers. Une œuvre a un numéro, une attribution, des tirages, une provenance. Un fichier n’en est qu’une représentation.
- Protéger ce qui est confidentiel. Prix, acheteurs, personnes vivantes : ces données ne doivent pas sortir par accident.
- Sortir en formats ouverts. Une archive doit pouvoir se lire sans le logiciel qui l’a écrite.
Le tableau : qui fait quoi
| Ce qu’un catalogue de développement fait bien | Ce qu’une archive demande en plus | Le logiciel de la suite qui s’en charge |
|---|---|---|
| Trier, noter, marquer, étiqueter les photos | Garder cette curation lisible, avec une empreinte SHA-256 pour chaque original | Obscura Catalog, qui reprend notes, marques et étiquettes à l’import du .lrcat |
| Poser des mots-clés, parfois hiérarchisés | Un thésaurus : termes hiérarchisés, synonymes, export SKOS | Obscura Catalog |
| Regrouper les photos en collections | Distinguer l’œuvre du fichier ; attributions, tirages et éditions, provenance | Obscura Catalog (catalogue raisonné) |
| Développer les RAW et garder l’historique des réglages | Conserver ces réglages pour mémoire, à côté de la description | Obscura Catalog les archive ; il ne développe pas les RAW |
| Référencer des photos réparties sur plusieurs disques | Savoir où vit chaque copie, repérer les doublons exacts et visuels, consolider par copie vérifiée | Obscura Trace |
| Exporter des images pour le web ou l’impression | Exporter les données descriptives en CSV, LIDO 1.1 ou CIDOC CRM, en excluant le confidentiel | Obscura Catalog |
| Donner accès aux fichiers au quotidien | Archives scellées et vérifiables, audits de fixité, copies sur vos supports et hors site | Obscura Vault |
Reprendre un catalogue Lightroom dans Obscura Catalog
Le guide d’Obscura Catalog consacre un chapitre entier à cette reprise : Importer un catalogue Lightroom. Ce qui compte d’abord : le catalogue Lightroom est ouvert en lecture seule et n’est jamais modifié, pas plus que les originaux et leurs fichiers .xmp. Catalog référence les photos là où elles sont ; il ne les copie pas.
Les étapes
- Choisir le catalogue. Fermez Lightroom, puis, dans Imports, onglet Lightroom, choisissez le fichier
.lrcat. Si Lightroom est ouvert sur ce catalogue, ses toutes dernières modifications peuvent manquer, et le rapport le signale. - Lire la simulation. Catalog lit le catalogue sans rien écrire et montre ce que l’import ferait : photos trouvées, nouvelles, doublons probables, originaux introuvables, mots-clés, collections. Il nomme les volumes non montés : branchez-les avant d’aller plus loin. La simulation est libre.
- Importer. L’import demande une licence Obscura Catalog. Il calcule l’empreinte SHA-256 de chaque original. Un original introuvable ou illisible est noté en échec, et l’import continue. Vous pouvez l’arrêter et le reprendre plus tard ; ce qui est déjà importé reste.
- Garder le rapport. Il compte les photos importées, ignorées, introuvables et en échec, et signale les données du catalogue qui n’ont pas pu être lues. Il s’exporte en CSV.
La simulation est aussi le moment de régler les options : inclure ou non les vidéos, reprendre les mots-clés au thésaurus avec leurs synonymes, reprendre les collections, archiver les réglages de développement avec tout l’historique ou seulement les 50 dernières étapes, ignorer ou importer quand même le contenu déjà présent dans la bibliothèque. Pendant la simulation, les doublons sont estimés par nom et taille ; l’import vérifie ensuite le contenu exact.
Ce qui est repris, et sous quelle forme
Le détail est dans la section Ce qui est repris du guide :
- notes, marques et étiquettes de couleur : reprises telles quelles ;
- titre, légende, auteur, droits et les données techniques de prise de vue ;
- mots-clés : en tags, et au thésaurus avec leur hiérarchie et leurs synonymes ;
- collections et ensembles de collections : en collections imbriquées ;
- collections dynamiques : en collections figées, avec leurs membres au moment de l’import ;
- copies virtuelles : en versions nommées du fichier d’origine ;
- piles : en relations « Pile » entre les fichiers ;
- réglages de développement, historique, instantanés : archivés pour mémoire.
Ce qu’il faut savoir avant
- Les aperçus enregistrés par Lightroom ne sont pas lus : Catalog prépare ses propres vignettes.
- Les métadonnées reprises restent dans le catalogue : rien n’est écrit dans les sidecars XMP ni dans les fichiers.
- Relancer l’import d’un catalogue déjà importé n’ajoute que ce qui manque ; les photos déjà importées sont ignorées. Décidez donc où vous tiendrez la description à partir de là.
Après la reprise : du fichier à l’œuvre
Une fois les photos reprises, le travail d’archive commence. Deux chantiers d’abord :
- Revoir le vocabulaire. Un mot-clé déjà présent dans le thésaurus est réutilisé, jamais déplacé. Fusionnez les variantes en synonymes, rangez les termes du générique au spécifique.
- Créer les œuvres. Un fichier ne devient jamais une œuvre tout seul. Catalog peut créer des œuvres à partir des fichiers qui ne sont rattachés à aucune œuvre ; rien n’est créé avant votre confirmation. Chaque œuvre reçoit un numéro de catalogue qui ne sera jamais réattribué.
Pour la lecture élément par élément, voir aussi Que devient votre travail lors d’une migration depuis Lightroom Classic ?
Avant et après l’import : les autres logiciels de la suite
Avant, si vos photos sont éparpillées. Obscura Trace inventorie plusieurs disques, repère les doublons exacts et les images visuellement proches, puis consolide par copie vérifiée. Rien n’est supprimé sans votre accord. Gardez en tête que Catalog cherche chaque original là où le catalogue Lightroom le situe : un original qui n’y est plus sera noté introuvable.
Après, pour préserver. Depuis Exports, Catalog prépare un paquet pour Obscura Vault : une sauvegarde, un export complet sans images et la liste des originaux. Obscura Vault le vérifie, retrouve les originaux qu’il désigne et archive le tout. Il vérifie ensuite l’intégrité des fichiers par des audits de fixité, et en garde des copies sur vos supports et hors site.
Par où commencer
Si votre travail vit aujourd’hui dans un catalogue Lightroom Classic, commencez par Obscura Catalog et lancez la simulation sur un catalogue représentatif : elle n’écrit rien et vous montre, chiffres à l’appui, ce que la reprise donnerait. Pour voir comment Trace, Catalog et Vault se répartissent le reste du travail, consultez la page des logiciels ou la documentation.