Préservation
Deux questions, deux outils
SHA-256 répond à : ce fichier a-t-il changé ? C’est une fonction de hachage. Elle transforme n’importe quel fichier en une empreinte de longueur fixe. Un bit modifié produit une empreinte totalement différente. Elle ne dit rien de l’auteur.
Ed25519 répond à : qui a produit cela, et l’a-t-on modifié depuis ? C’est un algorithme de signature. Avec une clé privée, on signe ; avec la clé publique correspondante, n’importe qui vérifie. Il apporte l’origine en plus de l’intégrité.
Les confondre conduit à surestimer ce qu’on garantit. Une empreinte n’est pas une signature.
Ce qu’une empreinte SHA-256 vous donne
Elle rend la corruption silencieuse détectable. C’est son unique fonction, et elle est essentielle : sans empreinte enregistrée à l’entrée, un bit qui bascule sur un disque ne se remarque que le jour où vous ouvrez le fichier, souvent des années trop tard.
Sa limite est qu’elle ne s’auto-protège pas. Si quelqu’un modifie le fichier et l’empreinte enregistrée à côté, la vérification passe. Une empreinte protège contre l’accident, pas contre un adversaire.
Ce qu’une signature Ed25519 ajoute
Elle lie un contenu à une clé. Vérifier une signature établit deux choses : le contenu n’a pas changé depuis la signature, et il a été signé par le détenteur de cette clé précise.
Deux limites, à énoncer clairement parce que les surestimer est le risque réel :
- Elle ne dit pas à qui appartient la clé. Cela suppose une publication de clé, un canal indépendant par lequel un tiers peut vérifier que l’empreinte de clé est bien la vôtre.
- Elle ne dit pas quand. Une signature sans horodatage tiers porte une date déclarative. Pour opposer une date à un contradicteur, il faut un horodatage RFC 3161.
Ed25519 est par ailleurs rapide, produit des clés et des signatures courtes, et se vérifie en quelques lignes de code — ce qui compte pour la préservation : un tiers doit pouvoir réimplémenter la vérification sans votre logiciel.
Ce qu’aucun des deux ne prouve
Ni l’un ni l’autre n’établit qu’un certificat est encore valide : une signature reste mathématiquement valide après une révocation, seul l’état a changé. Cela demande un registre en ligne.
Et aucun ne prouve que le tirage physique entre les mains d’un acheteur est bien celui décrit. Aucun logiciel ne le peut.
En pratique
- Enregistrez une empreinte SHA-256 à l’entrée de chaque fichier, et recontrôlez-la par campagnes.
- Stockez les empreintes ailleurs que dans le seul dossier qu’elles décrivent.
- Réservez la signature aux documents qui affirment quelque chose : certificats, manifestes de versement.
- Publiez l’empreinte de votre clé publique par un canal indépendant.
- N’affirmez que ce que vous prouvez : imprimez les limites sur le document plutôt que de les taire.
Obscura Flow calcule les empreintes SHA-256 à l’import, signe les certificats en Ed25519 sur une projection canonique du contenu, et imprime explicitement ce que la signature n’établit pas — un document qui suggère une garantie qu’il ne porte pas vaut moins qu’un document sans garantie.