Préservation
Ce qu’on attend d’un logiciel de sauvegarde
Copier des fichiers est facile. N’importe quel outil le fait. Ce qui distingue un logiciel de sauvegarde photo, ce sont deux choses plus difficiles : prouver que les copies sont intactes, et rendre les fichiers le jour où on en a besoin, sans rien abîmer au passage.
Pour un photographe, l’enjeu est particulier. Un original ne change pas : un RAW de 2009 doit rester, octet pour octet, celui de 2009. Toute différence est une altération. Un bon logiciel doit donc savoir la détecter, la dater et vous dire quoi faire.
Cet article ne revient pas sur la règle 3-2-1 ni sur le choix entre NAS et stockage objet. Il porte sur le logiciel lui-même : les questions à lui poser avant de lui confier vos originaux.
Les critères, un par un
1. Une vérification d’intégrité réelle
Vérifier, c’est relire chaque fichier en entier et comparer son empreinte (par exemple SHA-256) à celle prise au moment de la sauvegarde. Constater qu’un fichier existe, ou qu’il a la bonne taille, ne prouve rien : un fichier corrompu garde souvent sa taille et son nom.
Posez aussi cette question : que dit le logiciel d’un fichier qu’il n’a pas pu lire, sur un disque débranché par exemple ? S’il le compte comme « vérifié », il masque exactement la situation où l’on perd des fichiers sans le savoir. La méthode est détaillée dans vérifier l’intégrité d’une archive photo.
2. Des contrôles planifiés, qui ne se taisent pas
Une vérification faite une fois ne protège pas des années suivantes. Le logiciel doit pouvoir relancer les contrôles à intervalle régulier. Surtout, un contrôle interrompu ou en échec ne doit pas compter comme fait. Sinon, une panne vous achète un mois de silence.
3. Une restauration qui n’écrase rien
La restauration est le moment le plus risqué : on l’utilise souvent dans l’urgence, sur un disque où restent des fichiers. Trois exigences :
- l’archive est vérifiée avant que quoi que ce soit soit écrit ;
- les fichiers sont restaurés dans un nouveau dossier, ou à côté des fichiers existants, jamais par-dessus ;
- chaque fichier restauré est relu et comparé à son empreinte d’origine.
Une sauvegarde qu’on n’a jamais restaurée reste une hypothèse. Voir tester une restauration.
4. Plusieurs copies, sur plusieurs supports, dont une hors site
Le logiciel doit savoir où sont vos copies, et pas seulement en créer une. Trois disques neufs posés sur le même bureau ne font qu’une copie au regard des risques : un incendie ou un vol les emporte ensemble.
Pour la copie hors site, regardez deux choses. D’abord les destinations possibles : un stockage en ligne, un NAS, un disque déposé ailleurs. Ensuite, la manière dont la copie distante est vérifiée. Un envoi « réussi » dit que le transfert s’est terminé, pas que la copie est lisible aujourd’hui.
5. Des formats lisibles sans le logiciel
Demandez-vous : si l’éditeur disparaît, comment je récupère mes fichiers ? La bonne réponse tient en un format ouvert (tar, zip) et un inventaire lisible dans un éditeur de texte, avec les empreintes de chaque fichier. Un format fermé lie vos archives à la vie d’un produit.
6. Un journal que l’on peut relire
Préserver, c’est aussi pouvoir dire ce qui a été fait, et quand : quelle archive a été créée, vérifiée, envoyée, restaurée. Ce journal doit s’allonger sans jamais se réécrire. C’est lui qui permet de savoir à partir de quand un fichier a cessé d’être conforme.
7. Des alertes sur les supports
Un contrôle d’intégrité constate une corruption après coup. L’âge d’un disque annonce la suivante. Un bon logiciel garde l’inventaire de vos supports, leur date de mise en service, et vous prévient avant l’échéance de remplacement.
8. Vos fichiers ne sont pas pris en otage
Que se passe-t-il si vous cessez de payer, ou si vous changez de Mac ? Vérifier et restaurer vos propres copies devrait rester possible dans tous les cas.
Récapitulatif
| Critère | Question à poser | Signal d’alerte |
|---|---|---|
| Intégrité | Relit-il chaque fichier en entier ? | « Vérifié » sans relecture complète |
| Contrôles planifiés | Un contrôle interrompu compte-t-il ? | L’échéance repoussée malgré un échec |
| Restauration | Peut-il écraser un fichier existant ? | Restauration « par-dessus » par défaut |
| Copies | Sait-il où sont mes copies ? | Une seule destination possible |
| Hors site | Vérifie-t-il la copie distante ? | Seul l’envoi est contrôlé |
| Format | Lisible sans lui ? | Format propriétaire non documenté |
| Journal | Historique daté, non modifiable ? | Aucun historique, ou effaçable |
| Supports | Échéance de remplacement ? | Aucun suivi des disques |
| Dépendance | Restaurer sans abonnement ? | Restauration réservée aux abonnés |
Les pièges courants
- Confondre synchronisation et sauvegarde. Un service de synchronisation recopie aussi les suppressions et les corruptions. C’est un moyen de transport, pas une archive.
- Chiffrer sans garder la clé. Une archive chiffrée dont la clé est perdue est perdue. La clé doit être exportée et rangée à part, en deux lieux.
- Les sauvegardes incrémentales orphelines. Une révision qui ne contient que les fichiers modifiés ne se restaure qu’avec toute sa chaîne. Si une révision manque, le projet revient incomplet.
- Croire le message de fin. « Sauvegarde terminée » veut dire que la copie s’est arrêtée. Pas qu’elle a été relue.
Comment Obscura Vault répond à ces critères
Intégrité. Vault importe un dossier en calculant l’empreinte SHA-256 de chaque fichier. Un audit de fixité relit ensuite chaque fichier en entier et compare son empreinte à celle de l’import. Chaque fichier a l’un de quatre états : Vérifié, Altéré, Non vérifiable ou Jamais vérifié. Un fichier introuvable n’est jamais compté comme vérifié.
Contrôles planifiés. L’audit automatique se règle chaque semaine ou chaque mois. Un audit arrêté ou en échec laisse l’audit dû. Un audit incomplet est retenté le lendemain. Limite à connaître : l’audit planifié ne tourne que lorsque Vault est ouvert.
Restauration. Vault vérifie l’archive avant d’extraire et refuse une archive qui ne passe pas la vérification. Il restaure dans un nouveau sous-dossier, sans jamais écraser un fichier présent, puis relit chaque fichier et le compare au manifeste. Une révision incrémentale n’est jamais restaurée seule : Vault reconstitue toute sa chaîne ou refuse.
Copies. L’écran Supports de stockage traduit la règle 3-2-1 en trois niveaux : travail, archive locale, hors site. Il signale un niveau sans support actif. Les copies hors site partent vers un stockage S3 ou compatible (Amazon S3, Backblaze B2, Cloudflare R2…), un dossier distant comme un NAS, ou le dossier local de Google Drive, Dropbox, OneDrive ou iCloud Drive. Pour vérifier une copie hors site, Vault en télécharge le contenu et recalcule son empreinte. Pour un dossier synchronisé, il distingue une copie écrite sur le Mac d’une copie que le service dit avoir envoyée.
Format. Une archive .obf est un dossier : un contenu tar, tar.gz, zip ou zstd, un manifeste JSON lisible et une signature. Une archive non chiffrée s’exploite sans Vault, avec les outils standard du Mac.
Journal. Le journal note chaque action, et chaque projet a son journal de préservation. Les deux ne s’écrivent qu’en ajoutant. Chaque ligne porte l’empreinte de la précédente, ce qui fait repérer une ligne modifiée.
Supports. Chaque support reçoit une échéance de remplacement. Il passe « À remplacer bientôt » trois mois avant, et le Tableau de bord le signale.
Clés. Le guide Clés et sécurité explique comment exporter les clés et pourquoi en garder deux copies, en deux lieux.
Dépendance. Tout ce qui sert à récupérer vos données reste disponible sans licence : vérifier, restaurer, télécharger une copie hors site.
Vault ne décrit pas vos images : pas de mots-clés ni de légendes. Il s’occupe de leur conservation.
Pour aller plus loin
Avant de choisir, reprenez le tableau ci-dessus avec chaque logiciel envisagé. Si vous voulez que vos originaux soient vérifiés, copiés hors site et restaurables sans risque d’écrasement, Obscura Vault a été conçu pour cela. Ses guides et ceux des autres logiciels de la suite sont réunis dans la documentation, et les quatre logiciels sont présentés sur la page des logiciels.